La France a franchi un seuil historique en 2025 avec 81 tonnes de cocaïne saisies sur l’ensemble du territoire. Un chiffre record, en hausse de 50 % par rapport à 2024. Plus marquant encore : plus de la moitié de ces saisies ont été réalisées dans l’arc antillais, confirmant le rôle central des Antilles françaises dans la lutte contre les routes caribéennes de la drogue.
Les Antilles, verrou stratégique face aux cartels
Sur les 81 tonnes interceptées, 42 tonnes l’ont été dans l’arc antillais, selon le procureur de la République de Fort-de-France, Yann Le Bris, qui supervise la Juridiction interrégionale spécialisée compétente pour la Guadeloupe et la Martinique. Les ports, les aéroports et les zones maritimes de la région sont devenus des points névralgiques des opérations antidrogue.
Cette pression s’explique par la position géographique des Antilles, situées sur la trajectoire directe des cargaisons en provenance d’Amérique du Sud vers l’Europe. Les flux ont explosé ces dernières années, obligeant l’État à renforcer la coordination entre douanes, forces armées et magistrats spécialisés.
Mais cette hausse des saisies reflète aussi une réalité inquiétante : la consommation progresse fortement en France. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, 1,1 million de personnes ont consommé de la cocaïne au moins une fois en 2023. L’Ofast parle d’un « tsunami blanc », avec une offre désormais présente sur tout le territoire, sans zone épargnée.
Le prix du gramme a d’ailleurs baissé, passant de 66 euros en 2023 à 58 euros en 2024, signe d’un marché plus concurrentiel et plus accessible. À l’échelle mondiale, la production est estimée à environ 4 000 tonnes par an.
Dans ce contexte, les territoires ultramarins apparaissent plus que jamais comme le premier rempart de la République face aux cartels. Les autorités annoncent d’ores et déjà un maintien, voire un renforcement, des moyens en 2026 pour contenir un trafic en pleine expansion.




