À Matoury, les habitants du quartier Zénith ont exprimé leur exaspération face à la dégradation continue de leur cadre de vie. Squats illégaux, insalubrité, sentiment d’insécurité et absence de réponses efficaces des acteurs compétents ont conduit riverains et élus à tirer la sonnette d’alarme lors d’un rassemblement sur le terrain.
Jeudi 22 janvier, une quinzaine d’habitants du quartier Zénith se sont réunis pour dénoncer une situation devenue, selon eux, intenable. Dépôts sauvages, épaves de véhicules, bâtiments délabrés et prolifération de nuisibles composent désormais le quotidien de cette cité autrefois paisible. Mais la principale source de colère reste la multiplication des occupations illégales de logements pourtant officiellement vacants.
Les riverains dénoncent des intrusions répétées dans les habitations inoccupées, portes et fenêtres fracturées, installations sauvages de squatteurs qui occupent les lieux sans droit ni titre. Un phénomène connu de longue date, mais qui semble s’aggraver faute d’action ferme. Plusieurs habitants pointent la responsabilité du bailleur social, informé de la situation mais accusé de laisser faire.
Une insécurité installée par la faiblesse de la réponse publique
Accompagnés d’élus municipaux, d’acteurs associatifs et sous encadrement policier, les habitants ont parcouru le quartier pour constater l’ampleur des dégâts. Derrière certaines façades en apparence closes, des logements sont occupés illégalement, parfois avec eau et électricité, tandis que les résidents réguliers continuent de payer des loyers élevés dans un environnement dégradé.
La peur s’installe durablement. Des habitants de longue date expliquent ne plus oser s’exprimer, par crainte de représailles. Bruits nocturnes, incivilités, dégradations et même incendies de véhicules ont été signalés. Face à cette situation, certains résidents se résignent à se protéger eux-mêmes, en installant portes renforcées et caméras de surveillance, signe d’un profond recul de la tranquillité publique.
Le cadre juridique français, régulièrement invoqué, apparaît ici comme un frein majeur à l’action. Les procédures d’expulsion longues et complexes, issues de choix politiques anciens, laissent le champ libre aux occupations illégales et nourrissent un sentiment d’impunité. Une réalité particulièrement préoccupante dans des territoires déjà fragilisés par la pression démographique et le manque de logements.
Squats illégaux : le défi du rétablissement de l’ordre républicain
Le bailleur social Semsamar évoque des actions en cours et à venir, notamment en matière de sécurité et d’éclairage public, sans apporter de réponses concrètes immédiates. Une réunion doit se tenir entre les différentes parties prenantes afin d’envisager des solutions. Pour les habitants, l’attente est claire : le rétablissement de l’autorité, l’application effective du droit de propriété et la fin d’une tolérance qui mine la cohésion sociale.
À Zénith comme ailleurs en Guyane, la question des squats illégaux dépasse le simple cadre local. Elle interroge la capacité de l’État et des acteurs publics à faire respecter la loi, protéger les citoyens respectueux des règles et garantir un cadre de vie digne. Sans un sursaut d’autorité et de responsabilité, ce type de situation est appelé à se reproduire, au détriment de l’ordre républicain et de la confiance des habitants.




