À Mayotte, chaque coupure d’électricité agit comme un révélateur brutal : quand le courant s’arrête, l’eau, les télécommunications et une partie de l’activité économique s’effondrent avec lui. Ces black-out à répétition ne sont plus de simples incidents techniques, mais le symptôme d’un territoire sous-équipé, dépendant et insuffisamment sécurisé sur le plan énergétique. L’émission Kalaoidala met les pieds dans le plat en posant une question centrale : comment une île française peut-elle rester aussi vulnérable en 2026 ?

La fragilité du réseau mahorais s’explique par une dépendance quasi totale aux énergies fossiles importées, combinée à une croissance démographique rapide et à des infrastructures qui n’ont jamais suivi le rythme. Résultat : la moindre défaillance provoque un effet domino qui pénalise les familles, les entreprises et les collectivités. Une situation qui alimente le sentiment d’abandon et nourrit les discours victimaires, alors même que le problème est d’abord structurel et relève d’une planification de long terme.

Face à ce constat, le débat ne peut plus se limiter à des promesses incantatoires. Solaire, sobriété énergétique, équipements adaptés au climat, modernisation du réseau : les solutions existent et sont connues. Mais elles supposent une volonté politique claire, une coordination efficace entre l’État et les acteurs locaux, et une utilisation rigoureuse des dispositifs d’aide déjà disponibles. L’autonomie énergétique ne se décrète pas, elle se construit.

Mayotte n’a pas vocation à rester une exception fragile de la République. Garantir la sécurité énergétique du territoire, c’est assurer la continuité des services publics, soutenir le développement économique et réaffirmer que l’égalité entre les Français ne s’arrête pas aux frontières de l’Hexagone. Le débat est ouvert ; il est temps qu’il débouche sur des décisions.

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