À Papeete, sur la rue des Poilus Tahitiens, près du lycée Paul Gauguin et de deux écoles, cinq maru maru centenaires ont failli être abattus au nom de la sécurité. La mairie affirme que ces arbres menacent de s’effondrer. Des défenseurs de l’environnement dénoncent au contraire un abattage jugé abusif et décidé sans véritable concertation.

Un bras de fer sur fond de sécurité et de patrimoine

Dimanche matin, une dizaine de personnes mobilisées pour la biodiversité ont tenté d’empêcher le chantier, allant jusqu’à s’attacher aux arbres. Parmi eux, Vanaa Tahiritapu Norbert, qui dénonce une décision prise trop vite et sans dialogue. Pour les riverains, ces maru maru ne sont pas de simples éléments de décor. Mareva Lechat Kitalong, habitante de Papeete, rappelle l’utilité concrète de ces arbres, ombre, fraîcheur, intimité, et l’attachement à un pan de l’histoire de la rue.

Sur le plan technique, la situation reste disputée. Des experts de l’Office national des forêts jugent les arbres mécaniquement sains, même si l’avenir est incertain. À l’inverse, l’élagueur chargé du projet, Tevanui Holguin, dit constater un risque réel, évoquant notamment un affaiblissement des racines qui ferait peser un danger.

Élagage immédiat, décision reportée
Après une heure de discussions tendues avec les services techniques, un compromis a été trouvé. La mairie accepte de procéder d’abord à un élagage, en réduisant la hauteur des arbres, avant de trancher sur un abattage total si le danger est jugé réellement avéré. André Chang, directeur des services techniques, confirme cette option, présentée comme une étape intermédiaire.

Les défenseurs de l’environnement obtiennent ainsi un sursis, mais la question n’est pas réglée. Une rencontre est prévue autour du 28 janvier entre la mairie et les associations, afin d’examiner les rapports d’experts et les recommandations concernant ces maru maru et d’autres arbres de Papeete.

Cette affaire rappelle une évidence : l’ordre public impose de prévenir les accidents, mais cela ne justifie pas de traiter le patrimoine végétal comme une variable d’ajustement. La sécurité exige des preuves, des diagnostics transparents et une décision proportionnée, pas des coupes expéditives.

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