La cathédrale Notre Dame de Papeete a fêté ses 150 ans le 23 décembre dernier. Consacré le 23 décembre 1875, ce monument emblématique de Tahiti est né d’un projet porté dès le milieu du XIXᵉ siècle par Mgr Tepano Jaussen. Depuis, l’édifice a traversé les époques, les tensions politiques, les restaurations, et même le bombardement de Papeete en 1914, dont il est sorti intact.

Un monument public devenu repère patrimonial polynésien

Le chantier est lancé officiellement avec la pose de la première pierre le 8 décembre 1854, en présence du gouverneur du Bouzet, sur un terrain marécageux consolidé par des tonnes de pierres. Mais après trois années, les travaux s’arrêtent, faute de finances, avec un sol encore instable et des ouvriers mangareviens désireux de rentrer aux Gambier. Une solution est alors retenue : construire un édifice plus modeste, financé par la colonie, qui deviendra la cathédrale actuelle, inaugurée en 1875.

Cette origine explique un point souvent mal compris : la cathédrale n’appartient pas à l’Église catholique mais à la commune de Papeete, à qui elle a été transférée lors de la création de la municipalité en 1890, avec obligation de mise à disposition pour le culte. Les gros travaux relèvent donc de la mairie, tandis que l’Église assure l’aménagement intérieur et certaines charges comme l’électricité.

Fermée plusieurs années dans les années 1960 pour des raisons de sécurité, puis rénovée à plusieurs reprises, notamment en 1980 et en 2005 lorsqu’elle retrouve son jaune d’origine, la cathédrale est restée un repère majeur en Polynésie française. Elle marque même le P.K. 0 de l’île de Tahiti, au cœur de Papeete.

Au fil des restaurations, l’édifice s’est aussi polynésianisé, avec des éléments artistiques et spirituels adaptés aux codes et aux couleurs locales, du baptistère aux vitraux, jusqu’à certaines œuvres revisitées dans un esprit plus polynésien. Une manière de rappeler que la foi catholique, solidement enracinée dans l’histoire française du Pacifique, s’est aussi inscrite durablement dans l’identité culturelle polynésienne.

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