Les chiffres 2025 de la délinquance publiés par la préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon révèlent une hausse spectaculaire des infractions liées aux stupéfiants, avec 40 faits recensés, soit près de quatre fois plus qu’en 2024. Un signal d’alerte clair sur un territoire longtemps considéré comme relativement épargné.

Dans le détail, la préfecture indique une progression de 264% en un an des infractions à la législation sur les stupéfiants. Elles concernent des situations variées : usage, détention, transport, achat, vente, production ou encore conduite sous l’emprise de drogue. Le chiffre est également 6,6 fois supérieur à celui de 2023, ce qui confirme une dynamique de fond.

Les autorités expliquent cette hausse en partie par une intensification des contrôles et des dépistages, notamment depuis une saisie record de cocaïne fin 2024. La gendarmerie a renforcé sa présence sur le terrain, avec des opérations menées sur les routes, mais aussi dans les zones aériennes et maritimes, ainsi qu’aux abords des débits de boissons et des établissements scolaires. L’objectif affiché reste officiellement préventif et pédagogique, mais la multiplication des procédures traduit une réalité plus préoccupante.

Le procureur de la République, Yves Couroux, a d’ailleurs annoncé fin janvier que la lutte contre les stupéfiants resterait une « priorité absolue » en 2026. La justice a déjà traité trois fois plus d’affaires liées à la drogue en 2025, signe que l’enjeu dépasse désormais le simple phénomène marginal.

Autre élément notable du bilan : la hausse des atteintes volontaires à l’intégrité physique, en progression de plus de 51% par rapport à 2024. La préfecture évoque une majorité de violences non crapuleuses, souvent qualifiées de violences gratuites, liées à des disputes de voisinage ou à des rixes autour des établissements de nuit.

Enfin, les atteintes aux biens restent globalement stables, malgré une hausse des vols de véhicules et une baisse des destructions. Les autorités signalent également une légère diminution des escroqueries, tout en rappelant que l’archipel demeure exposé aux fraudes, notamment via Internet.

À Saint-Pierre-et-Miquelon, ce bilan 2025 confirme une évolution inquiétante : même les territoires les plus petits, les plus isolés, et historiquement les plus sûrs, ne sont plus à l’abri des logiques criminelles qui progressent partout ailleurs.

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