À Saint-Pierre-et-Miquelon, les chutes de neige abondantes n’inspirent pas seulement les amateurs de glisse. À bientôt 80 ans, Henri-Paul Artur profite de l’hiver pour donner libre cours à sa créativité. Armé de patience et d’huile de coude, ce retraité façonne des sculptures de neige qui attirent les regards et redonnent au quartier un parfum d’enfance.
Des ours polaires nés sous les flocons
Cette année, ce sont une ourse polaire et son petit qui ont pris forme dans une cour de la rue Louis Pasteur. Courbé sur son ouvrage pendant des heures, Henri-Paul sculpte, ajuste, recule pour observer, puis reprend. Les gestes sont précis, le résultat saisissant de réalisme. Depuis des années, le Saint-Pierrais s’amuse ainsi à créer des animaux ou des personnages éphémères, harfang des neiges, musiciens ou silhouettes sorties tout droit de son imagination.
Loin de toute prétention artistique, il revendique avant tout le plaisir de créer. « Je garde mon âme d’enfant », glisse-t-il avec malice. Un état d’esprit qui fait le bonheur des voisins, ravis de découvrir chaque hiver de nouvelles œuvres depuis leurs fenêtres.
Lorsque la neige se fait plus rare, Henri-Paul ne reste pas inactif. Bricolage, balades dans les sentiers de l’archipel, entre tourbières et forêt boréale, rythment son quotidien. L’âge n’a pas entamé sa curiosité ni son besoin de mouvement.
S’il n’a pas prévu de peupler toute la banquise de sculptures cet hiver, le retraité laisse planer le doute. À Saint-Pierre, tant que la neige tombe, l’imagination reste libre et les ours polaires peuvent continuer d’apparaître, le temps d’une saison.




