Signé à Paris, l’accord Élysée Oudinot s’accompagne d’un document distinct consacré aux mesures économiques et sociales. Ce volet, très attendu par les entreprises et les investisseurs, détaille les engagements financiers de l’État en faveur de la Nouvelle Calédonie et apporte un signal de stabilité jugé essentiel après les émeutes de 2024.

Contrairement aux premières attentes, les dispositions économiques ne figurent pas directement dans l’accord institutionnel, mais dans une feuille de route paraphée par l’ensemble des partenaires. L’État y réaffirme sa volonté de soutenir une reprise durable de l’économie calédonienne, avec un objectif clairement affiché de retour progressif à l’équilibre des finances publiques et de sécurisation du tissu productif.

Soutien budgétaire massif et répit financier pour le pays

Parmi les mesures centrales figure une subvention de 7 milliards de francs CFP destinée au budget de la Nouvelle Calédonie. À cela s’ajoute un rééchelonnement des remboursements de prêts, afin de faire de 2026 et 2027 des exercices de transition, sans pression financière excessive. L’État prévoit également d’intégrer au projet de loi de finances pour 2026 des amendements représentant, hors nickel, 79 milliards de francs en autorisations d’engagement et 57 milliards en crédits de paiement.

Ces annonces sont accueillies favorablement par le monde économique local. Pour le Medef Nouvelle Calédonie, l’État confirme ainsi son rôle de garant ultime de la stabilité sociale et financière, en particulier pour les régimes sociaux et les retraites. Cette trajectoire est perçue comme la continuité du plan de refondation présenté par le Premier ministre en décembre, avec un appel clair à accélérer dès 2026 les réformes structurelles nécessaires à la reconstruction économique du territoire.

Nickel et entreprises stratégiques au cœur des engagements de l’État

La feuille de route accorde également une place centrale à la filière nickel, pilier historique de l’économie calédonienne. Le gouvernement prévoit un soutien financier de 24 milliards de francs CFP pour Prony Resources. La Société Le Nickel doit, de son côté, bénéficier d’une aide pouvant atteindre 28 milliards de francs, afin d’assurer sa continuité d’activité et de retrouver une trajectoire de rentabilité. Un engagement jugé déterminant pour préserver l’emploi et la souveraineté industrielle du territoire.

Autre perspective structurante, la signature annoncée en 2026 d’un contrat de désendettement et de développement, ouvrant la voie à une conversion partielle de prêts en subventions. Ces mesures restent toutefois conditionnées à l’adoption du budget national à Paris.

Dans un contexte marqué par les violences indépendantistes et une crise de confiance profonde, cet appui financier réaffirme le lien indissoluble entre la Nouvelle Calédonie et l’État. Pour les acteurs économiques, il s’agit d’un message clair : la France assume pleinement ses responsabilités, soutient l’initiative privée et entend créer les conditions d’un redressement fondé sur l’ordre, la réforme et la stabilité.

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