La privatisation de TAP Air Portugal attire les grands acteurs du transport aérien européen. Air France-KLM et Lufthansa ont officiellement déposé des offres non contraignantes pour entrer au capital de la compagnie portugaise, jusqu’à 49,9 %. Une opération stratégique qui pourrait redessiner les équilibres du secteur en Europe et au-delà.
Un enjeu de connectivité majeur entre l’Europe et les outre-mer
Le groupe franco-néerlandais a rapidement affiché ses ambitions, mettant en avant un intérêt « fort et durable » pour TAP. De son côté, Lufthansa confirme également sa candidature, tandis que le groupe IAG, pourtant intéressé ces derniers mois, a finalement renoncé à se positionner dans cette phase.
Au cœur de cette bataille, la position stratégique de Lisbonne. Air France-KLM voit dans la capitale portugaise un hub clé vers les Amériques, notamment le Brésil, ainsi que vers l’Afrique. Un axe essentiel pour les flux aériens reliant l’Europe aux territoires ultramarins et aux espaces économiques en forte croissance.
Renationalisée en urgence en 2020 avec un soutien public de 3,2 milliards d’euros, TAP reste un acteur majeur du transport aérien, avec près de 7 700 salariés et une flotte d’une centaine d’appareils. Malgré des résultats contrastés, la compagnie conserve un fort potentiel, notamment sur les liaisons transatlantiques.
Lufthansa, déjà engagée dans une stratégie d’expansion européenne après la reprise d’ITA Airways, entend également renforcer son réseau en s’appuyant sur TAP comme hub atlantique. Une concurrence directe avec Air France-KLM, qui cherche à consolider sa présence sur ces marchés clés.
Au-delà de l’opération financière, cette privatisation pose une question centrale : qui contrôlera les grands flux aériens entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques dans les années à venir. Un enjeu stratégique qui concerne aussi les Outre-mer, dépendants de connexions aériennes solides pour leur développement économique et leur ouverture au monde.



