Alors que la justice a confirmé la prescription de l’affaire Céline Lafargue, disparue en novembre 2005, la famille refuse de s’y résigner. Son avocate conteste fermement l’analyse retenue par le juge d’instruction et dénonce une lecture juridique qu’elle juge prématurée et contestable.
Le juge d’instruction a rendu une ordonnance estimant que les faits éventuels seraient prescrits depuis 2015, sur la base d’une hypothèse criminelle qui ferait courir le délai de prescription de dix ans à compter de la disparition. Une position que récuse Maître Marie Tomas, conseil de la famille, pour qui cette approche repose sur une construction juridique fragile.
Selon l’avocate, aucun crime n’a été juridiquement établi à ce stade. En l’absence de qualification pénale claire, notamment d’homicide, la question de la prescription ne pourrait être tranchée de manière définitive. Elle rappelle qu’à ce jour, personne ne sait ce qui est réellement arrivé à Céline Lafargue le 20 novembre 2005 et qu’aucun élément ne permet d’affirmer l’existence d’un acte criminel caractérisé.
Une prescription juridiquement contestable
Maître Marie Tomas souligne que la plainte déposée par la famille ne repose pas exclusivement sur une hypothèse criminelle classique, mais sur des qualifications pénales distinctes, notamment l’enlèvement et la séquestration. Or, en droit français, la séquestration est une infraction dite continue, dont la prescription ne commence à courir qu’à partir du moment où l’infraction prend fin.
Dans cette logique, tant que le sort de Céline Lafargue demeure inconnu, la prescription ne saurait être acquise. L’avocate estime donc que conclure à une prescription automatique revient à fermer le dossier sans avoir permis un réel examen des faits et des qualifications possibles, ce qui constituerait une atteinte aux droits de la famille.
Face à cette ordonnance, la famille a décidé de faire appel. Le dossier sera désormais examiné par la chambre de l’instruction, qui devra se prononcer sur l’interprétation du droit applicable et sur la pertinence du raisonnement retenu jusqu’ici.
Au-delà de ce dossier particulier, cette affaire pose une question fondamentale pour l’État de droit : celle du traitement des disparitions anciennes et du droit des familles à la vérité. Dans une République fondée sur la justice et l’autorité de la loi, la rigueur juridique ne peut se confondre avec le renoncement. Pour la famille de Céline Lafargue, le combat judiciaire continue, avec l’espoir que la justice aille au bout de sa mission.




