L’ancien président du conseil régional de Martinique Alfred Marie-Jeanne ne sera pas jugé dans le cadre de l’affaire dite “Green Parrot”. Réunie ce mercredi 28 janvier à Paris, la 11e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire a pris acte d’une expertise médicale concluant à l’incapacité physique et cognitive de l’élu à participer à un procès. Le dossier est renvoyé, “par principe”, à décembre 2026.
L’audience, une mise en état pénale, s’est tenue brièvement. Elle portait sur le seul volet concernant Alfred Marie-Jeanne, soupçonné d’irrégularités dans l’attribution de marchés publics liés à la reconstruction d’écoles à la Dominique et à Grenade, dénoncées dès 2009 par courrier anonyme.
Selon l’expertise versée au dossier, l’état de santé de l’ancien responsable politique ne lui permet pas de comparaître, ni de comprendre les débats, ni d’assurer sa défense. Une situation qui rend impossible la tenue d’un procès dans des conditions conformes aux droits fondamentaux de la défense.
Une procédure qui s’enlise, sans extinction officielle des poursuites
Pour l’avocat d’Alfred Marie-Jeanne, Maître Philippe Edmond-Mariette, cette décision revient de fait à acter la fin du dossier. Toutefois, juridiquement, il ne s’agit pas d’un abandon des poursuites au sens strict : l’état de santé ne relève pas des causes d’extinction prévues par le code de procédure pénale.
Dans ce type de configuration, la justice n’a donc pas d’autre option que de renvoyer l’affaire à une date ultérieure, sans convoquer le prévenu. L’audience a ainsi été reportée au 16 décembre 2026, avec la perspective d’un renvoi mécanique à chaque nouvelle échéance.
Le dossier Green Parrot a déjà donné lieu à un procès en juin dernier concernant la fille d’Alfred Marie-Jeanne et l’un de ses proches. Ils avaient été relaxés des poursuites pour prise illégale d’intérêt. Seule Magguy Marie-Jeanne avait été condamnée à une amende pour faux, assortie d’une interdiction d’exercer avec sursis.




