La procureure de la République de Pointe-à-Pitre a décidé de faire appel de la condamnation prononcée contre l’homme reconnu coupable de l’agression sexuelle de deux femmes au Moule, dont l’ancienne députée Justine Bénin. En cause, une sanction estimée insuffisante au regard de la gravité des faits, du profil de l’agresseur et de son passé judiciaire.
Le jugement avait été rendu le 17 décembre par le tribunal correctionnel, à l’issue d’une comparution immédiate. L’auteur des faits, un homme de 44 ans, avait été condamné à deux ans de prison, assortis de dix-huit mois de sursis probatoire, pour des faits d’agression sexuelle, d’agression sexuelle aggravée et de rébellion. Dès l’énoncé de la peine, un aménagement avait été envisagé, ouvrant la voie à une exécution en milieu dit semi-ouvert, potentiellement sous bracelet électronique.
Pour la procureure Caroline Calbo, cette décision ne répond pas aux exigences de protection de la société. Elle estime que la peine prononcée ne reflète ni la dangerosité de l’individu ni les circonstances particulièrement graves des agressions, commises de manière délibérée, à proximité immédiate d’un lieu de culte, dans l’intention manifeste de s’en prendre à des femmes.
Des faits graves et un profil inquiétant
Les faits se sont déroulés le dimanche 14 décembre, aux premières heures du matin, dans la cour du presbytère du centre-ville du Moule. Les deux victimes ont été violemment agressées, au point de craindre pour leur vie. Elles conservent aujourd’hui des séquelles physiques et psychologiques durables. Lors de son interpellation, l’agresseur a en outre opposé une résistance violente aux forces de l’ordre, allant jusqu’à menacer les gendarmes avec un couteau.
L’homme n’en était pas à sa première infraction. Déjà condamné à deux reprises pour des faits similaires, il présente un lourd passé judiciaire. Bien qu’il soit suivi pour des troubles psychiatriques et diagnostiqué schizophrène, l’expertise réalisée durant sa garde à vue a conclu à sa pleine responsabilité pénale au moment des faits.
En faisant appel, le parquet entend rappeler un principe fondamental : la récidive violente, en particulier en matière d’agressions sexuelles, appelle des réponses judiciaires fermes et dissuasives. Au-delà de l’émotion légitime suscitée par l’identité de l’une des victimes, c’est la question de la sécurité des citoyens et du respect de l’autorité judiciaire qui est posée. Face à des actes d’une telle gravité, l’État se doit d’affirmer clairement que la protection des victimes et l’ordre public priment sur toute forme de laxisme pénal.




