Air Antilles joue sa survie devant la justice commerciale. Après avoir déclaré la cessation de paiements, la direction de la compagnie a déposé mardi 20 janvier 2026 une demande de redressement judiciaire auprès du tribunal mixte de commerce de Pointe à Pitre. Le tribunal devra décider si un sauvetage est possible, ou si la situation impose une liquidation judiciaire.
Vols stoppés, caisse vide
Selon Louis Mussington, président du conseil d’administration, la situation financière est devenue intenable. La compagnie est en cessation de paiements et ne dispose plus des moyens de faire face à ses charges. Ce basculement intervient alors qu’Air Antilles est privée de toute activité depuis le 8 décembre, ses avions étant cloués au sol par l’autorité chargée de la sécurité aérienne.
La suspension a été décidée après un audit mené du 2 au 4 décembre. Le gendarme de la sécurité aérienne a évoqué des défaillances très significatives, et la Direction générale de l’aviation civile a estimé que l’entreprise n’était plus en mesure d’assurer la sécurité des passagers et des personnels. Air Antilles a contesté ces conclusions mais a transmis un plan d’action correctif à la DGAC, sans réponse à ce stade sur une éventuelle reprise de la licence.
Au delà du choc social, l’enjeu est territorial. Air Antilles ne dessert que les îles françaises des Antilles, Saint Barthélemy, Saint Martin, Guadeloupe et Martinique, et pèse sur la continuité des déplacements inter îles. La collectivité de Saint Martin dit avoir investi 20 millions d’euros depuis la reprise de la compagnie fin 2023. En 2025, Air Antilles a transporté plus de 121 000 passagers pour un chiffre d’affaires d’environ 18 millions d’euros.
La décision du tribunal dira si la compagnie peut être redressée ou si l’aventure s’arrête. Une chose est sûre : dans les Outre mer, quand une liaison aérienne s’effondre, ce n’est pas un simple dossier comptable, c’est un outil de continuité territoriale qui vacille.




