Nouvel épisode judiciaire pour Air Antilles. Le tribunal administratif a condamné la compagnie aérienne à verser plus de 58 000 euros à la société gestionnaire de l’aéroport international Aimé Césaire en Martinique. En cause : des factures impayées liées à l’occupation de bureaux et d’espaces commerciaux au sein de la plateforme aéroportuaire, pourtant indispensables à l’activité de la compagnie. Une décision qui rappelle qu’aucun acteur économique, même stratégique dans les Outre-mer, ne peut durablement s’affranchir de ses obligations contractuelles.

Dans le détail, la justice a retenu les sommes dues au titre de l’occupation régulière du domaine public aéroportuaire, après la délivrance de la licence d’exploitation d’Air Antilles au printemps 2024. Les factures concernées, émises sur plus d’un an, n’avaient tout simplement pas été honorées. Le tribunal a également reconnu une occupation partielle sans autorisation préalable, mais en a strictement encadré le périmètre, ramenant la créance globale à un montant juridiquement fondé. Une approche équilibrée, loin de tout acharnement, mais ferme sur le principe.

Cette condamnation s’inscrit dans une série de tensions récurrentes entre Air Antilles et les gestionnaires d’infrastructures publiques. Quelques mois plus tôt, en Guadeloupe, la compagnie avait échappé à une lourde réclamation financière en raison d’un vice de procédure, non sur le fond. Un répit juridique, mais qui n’efface en rien les fragilités structurelles d’un modèle économique encore instable, malgré les discours volontaristes.

Au-delà du cas Air Antilles, cette affaire pose une question plus large : celle de la responsabilité des entreprises opérant dans les Outre-mer. Le développement du transport aérien régional est essentiel à la continuité territoriale et à l’unité nationale, mais il ne saurait reposer sur des arrangements permanents ou des tolérances financières. La crédibilité économique passe aussi par le respect des règles, condition indispensable pour bâtir un service durable au bénéfice de tous les territoires français.

Privacy Preference Center