Le compte à rebours est lancé pour Air Antilles. Placée sous la menace d’une liquidation, la compagnie inter-îles connaîtra son sort le 5 mars prochain. Une seule offre de reprise est actuellement examinée par le tribunal de commerce, portée par le Guadeloupéen Pierre Sainte-Luce. Sans projet consolidé d’ici là, les 117 salariés pourraient perdre leur emploi et l’archipel son principal outil de desserte régionale.
DGAC, cash et gouvernance : les verrous à lever
Médecin, chef d’entreprise et pilote, Pierre Sainte-Luce promet un apport de 10 millions d’euros via un groupe d’investisseurs, dont 4 millions immédiatement mobilisables. Une enveloppe jugée indispensable pour relancer l’activité, remettre en service la flotte et restaurer la confiance des autorités.
Au-delà de l’aspect financier, la principale difficulté réside dans les exigences de la Direction générale de l’aviation civile. Sans validation réglementaire, aucun redécollage durable n’est possible. Selon le représentant du Syndicat national des pilotes de ligne, les conditions imposées nécessitent un volume de trésorerie important dans un délai très contraint.
Dans ce contexte, un éventuel appui de Sunrise Airways, compagnie caribéenne expérimentée, est perçu comme un renfort technique crédible. L’objectif serait d’apporter expertise opérationnelle et solidité structurelle afin de satisfaire aux standards européens.
Les syndicats insistent également sur la nécessité de revoir la gouvernance. Pour eux, la survie d’Air Antilles passe par une direction recentrée sur la compétence et l’expertise aéronautique.
Au-delà des emplois directs, l’enjeu est territorial. Air Antilles assurait un maillage essentiel entre la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, garantissant la continuité des déplacements professionnels, médicaux et familiaux. Le 5 mars, la justice dira si la compagnie peut encore espérer redécoller ou si l’archipel devra tourner la page.




