Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre examine ce jeudi les offres de reprise d’Air Antilles, compagnie placée en redressement judiciaire depuis février et dont les avions sont immobilisés depuis décembre. Une audience cruciale pour l’avenir du transport aérien entre les territoires ultramarins des Antilles françaises.
Un enjeu stratégique pour la continuité territoriale
Initialement seul candidat, l’investisseur guadeloupéen Pierre Sainte-Luce a vu émerger une seconde offre. Mais à la veille de l’examen, des incertitudes persistent sur la solidité financière des projets présentés. Une situation qui alimente les inquiétudes, tant du côté des salariés que des acteurs économiques locaux.
Air Antilles joue un rôle central dans la desserte inter-îles, aux côtés d’Air Caraïbes. Sa disparition ferait peser un risque réel sur la continuité territoriale entre Guadeloupe, Martinique et les îles du Nord, avec à la clé une possible hausse des prix pour les usagers.
La compagnie avait été contrainte de suspendre ses vols après des manquements graves en matière de sécurité relevés par la Direction générale de l’aviation civile. Elle emploie environ 110 salariés et avait transporté plus de 121 000 passagers en 2025.
Le projet porté par Pierre Sainte-Luce prévoit un redémarrage progressif de l’activité, avec une reprise partielle des effectifs dans un premier temps. L’objectif affiché est de relancer les lignes jugées rentables dès avril, avant un retour à pleine capacité à l’automne.
Dans ce contexte, les salariés expriment leur lassitude face à l’incertitude qui dure depuis plusieurs mois. Pour eux, comme pour l’ensemble du territoire, l’heure est désormais à une décision claire. Car au-delà du sort de l’entreprise, c’est toute l’organisation des liaisons aériennes régionales qui se joue, avec un enjeu direct pour l’économie et la cohésion des Outre-mer.



