L’aéroport international de Tontouta s’apprête à accueillir aussi les vols domestiques d’Air Calédonie. À partir du 2 mars, tous les départs et arrivées interîles se feront depuis Tontouta, et non plus depuis Magenta. Gouvernement, CCI et direction de la compagnie assurent que tout est prêt et présentent ce changement comme indispensable à la survie d’Aircal.
Le président du gouvernement, Alcide Ponga, affirme ne pas vouloir être celui qui « laissera couler la connexion aérienne interîles », tandis que le PDG Daniel Hombouy rappelle la situation financière critique : 1,4 milliard de francs CFP de pertes l’an dernier, avec seulement 180 000 passagers transportés en 2025. Selon la compagnie, il en faudrait environ 300 000 pour retrouver un équilibre. Le transfert doit permettre de réduire les coûts d’environ 500 millions de francs et surtout de mieux connecter les vols intérieurs aux liaisons internationales.
Autre argument avancé : le départ depuis Tontouta permettrait d’embarquer davantage de passagers, les vols étant actuellement limités au départ de Magenta à cause d’une piste jugée trop courte, ce qui empêche de remplir complètement certains appareils.
Mais ce déménagement reste très contesté, notamment par les usagers des îles, qui dénoncent un allongement pénalisant du trajet : « quarante minutes de route pour quarante minutes de vol ». Pour répondre à cette critique, les autorités annoncent des navettes à 500 francs, des services améliorés à l’aérogare (restauration, confort, organisation des bagages).
Concernant le fret, la compagnie précise qu’il pourra continuer à être déposé à Magenta, même après le basculement des vols.
Malgré ces aménagements, la tension monte : des appels au blocage des aérodromes ont été lancés aux Loyauté et à l’île des Pins, notamment les 20 et 21 février, ainsi que le 2 mars, jour officiel du transfert.




