La nomination est désormais actée. Réuni mercredi 11 février, le conseil d’administration d’Air Tahiti Nui a désigné Lionel Guérin au poste de directeur général. Il succède à Philippe Marie, dont le mandat aura duré moins d’un an à la tête de la compagnie polynésienne.
Pour permettre cette prise de fonctions, les statuts de l’entreprise ont été modifiés. La limite d’âge entraînant une démission d’office a été relevée de 70 à 75 ans. Une adaptation qui ouvre la voie à l’arrivée du nouveau dirigeant, présenté par le président du conseil d’administration, Hiro Arbelot, comme un entrepreneur expérimenté, capable de conduire des transformations dans un secteur aérien particulièrement concurrentiel.
Lionel Guérin revendique de son côté un engagement total au service d’Air Tahiti Nui et de son identité polynésienne. Son parcours dans le transport aérien est dense : ancien PDG d’Airlinair, de Transavia France et de HOP!, il a également occupé les fonctions de directeur général adjoint d’Air France.
Au-delà de son expérience, c’est toutefois la question du cumul de fonctions qui alimente les débats. Lionel Guérin demeure président d’Air Moana, compagnie inter-îles qu’il dirige depuis fin 2024. Or Air Tahiti Nui détient une participation de 3,43 % dans Air Tahiti, concurrent direct d’Air Moana sur plusieurs liaisons domestiques. Cette configuration nourrit les interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts.
Cette nomination intervient dans un contexte social déjà tendu. Mi-janvier, un collectif de salariés avait alerté les autorités du Pays sur la situation interne de la compagnie, évoquant notamment une trésorerie fragile et critiquant certaines décisions stratégiques, dont la fermeture de la ligne vers Seattle. Plusieurs syndicats appellent désormais à la responsabilité, alors qu’Air Tahiti Nui amorce une nouvelle phase de gouvernance.




