Des pilotes d’Air France tirent la sonnette d’alarme sur des dysfonctionnements répétés du radar météo équipant l’Airbus A350. En cause, un système pourtant présenté comme de dernière génération, dont les anomalies pourraient altérer l’analyse des phénomènes météorologiques dangereux en vol.

Selon des révélations concordantes de plusieurs médias nationaux, le radar météo fourni par l’équipementier américain Honeywell suscite une inquiétude croissante parmi les équipages long-courriers. Les pilotes évoquent des affichages trompeurs, sous-estimant l’intensité réelle des zones orageuses, notamment à moyenne et longue distance. Une défaillance particulièrement préoccupante lorsqu’il s’agit d’anticiper des turbulences sévères, des cumulonimbus actifs ou des épisodes de grêle.

Face à ces constats répétés, la commission santé et sécurité des pilotes d’Air France a formellement déclenché, le 16 décembre 2025, une procédure de « danger grave et imminent ». L’alerte a été transmise à la direction de la compagnie ainsi qu’à l’Inspection du travail, et relayée par les syndicats de pilotes SNPL et Alter. Une démarche exceptionnelle, qui traduit la gravité du malaise au sein des cockpits.

Un enjeu industriel et stratégique de grande ampleur

Le problème dépasse largement le cadre d’Air France. L’ensemble de la flotte mondiale d’Airbus A350 serait concerné, soit près de 700 appareils en exploitation. Une situation qui pose une question industrielle majeure, alors que l’A350 constitue l’un des piliers du transport aérien long-courrier européen face à la concurrence américaine.

Dans l’attente d’une solution technique pérenne, Air France a instauré des consignes opérationnelles spécifiques, demandant aux équipages d’élargir leurs marges de sécurité et d’éviter certaines zones météorologiques identifiées comme mal restituées par le radar, quitte à allonger les trajectoires et augmenter la consommation de carburant.

Airbus, de son côté, se veut rassurant. Le constructeur affirme que la sécurité des vols n’est pas compromise et assure travailler étroitement avec Honeywell à l’amélioration du système. Une version corrigée était annoncée dès 2025, mais son déploiement effectif à grande échelle ne devrait intervenir qu’en 2026. L’Agence européenne de la sécurité aérienne continue, selon Airbus, de suivre le dossier de près.

Ces alertes rappellent toutefois que la fiabilité des équipements embarqués demeure un enjeu central pour l’aviation civile, y compris sur les appareils les plus modernes. Un rappel salutaire de l’exigence absolue qui doit prévaloir en matière de sécurité, notamment pour des flottes opérant sur de longues distances, y compris vers et depuis les territoires ultramarins.

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