En partenariat avec les Hôtels Karibea

En Martinique, les ambulanciers tirent la sonnette d’alarme. Derrière les interventions du quotidien, c’est toute une profession qui se retrouve fragilisée par des retards de paiement et un système hospitalier sous tension.

Une mission essentielle ralentie par les dysfonctionnements

Sur le terrain, les équipes interviennent dans des conditions exigeantes. À Fort-de-France, une prise en charge pour suspicion de traumatisme crânien mobilise une ambulance pendant près de trois heures. Entre le transport du patient et l’attente aux urgences, les délais s’allongent.

Le manque de moyens dans les hôpitaux complique encore la situation. Faute de personnel ou de brancards disponibles, les ambulanciers se retrouvent à assurer des tâches qui ne relèvent pas de leur mission initiale, prolongeant inutilement leurs interventions.

Ces missions longues sont mal rémunérées. Une intervention peut être facturée autour de 150 euros, un montant insuffisant pour couvrir les charges des entreprises. Pour être rentables, les professionnels estiment devoir effectuer au moins cinq sorties par jour, un objectif difficilement atteignable.

À cela s’ajoutent des délais de paiement jugés insoutenables, parfois étalés sur plusieurs mois voire années. Dans ce contexte, cinq des 29 sociétés d’ambulance du territoire sont aujourd’hui en grande difficulté.

Entre hausse des coûts, notamment du carburant, et accumulation des charges, la profession dénonce un système à bout de souffle. Au niveau national, les acteurs du secteur réclament désormais des mesures d’urgence pour éviter une vague de défaillances et préserver un maillon essentiel du système de santé.

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