Aux Antilles, où le cancer de la prostate touche particulièrement les hommes, plusieurs avancées médicales pourraient améliorer la prise en charge des patients. De nouvelles techniques thérapeutiques, moins invasives et plus ciblées, commencent à être proposées dans la région et suscitent l’espoir d’un meilleur traitement de cette maladie.

La Martinique et la Guadeloupe figurent parmi les territoires les plus touchés au monde par le cancer de la prostate. Le taux d’incidence atteint environ 220 cas pour 100 000 habitants chaque année, soit bien davantage que dans l’Hexagone où il se situe autour de 90 cas pour 100 000 habitants. Cette situation s’explique notamment par l’exposition passée au chlordécone, pesticide utilisé dans les bananeraies pendant plusieurs décennies.

En France, ce cancer reste le plus fréquent chez les hommes avec près de 58 000 nouveaux cas recensés chaque année. S’il entraîne environ 9 000 décès annuels, son taux de survie à cinq ans dépasse 90 % lorsqu’il est diagnostiqué suffisamment tôt.

Des ultrasons pour traiter certaines tumeurs

Parmi les innovations récentes figure une technique utilisant des ultrasons focalisés de haute intensité, appelée HIFU. Ce traitement consiste à introduire une sonde qui émet des ultrasons capables de chauffer et de détruire la tumeur sans nécessiter l’ablation complète de la prostate.

Une étude menée sur près de 4 000 patients en France montre que cette méthode présente une efficacité comparable à la chirurgie classique tout en réduisant les risques d’effets secondaires, notamment l’incontinence urinaire et les troubles érectiles.

Cette technique a reçu un avis favorable de la Haute Autorité de santé et peut désormais être remboursée par la Sécurité sociale. Aux Antilles, elle est actuellement disponible en Guadeloupe, mais pas encore en Martinique.

Une radiothérapie innovante testée en Martinique

Une autre avancée notable concerne la radiothérapie interne vectorisée. Cette méthode consiste à injecter un médicament capable de cibler directement les cellules cancéreuses et de les irradier de l’intérieur, tout en limitant l’exposition des tissus sains.

Fin janvier 2026, un premier patient de la Caraïbe a bénéficié de ce traitement à l’Institut caribéen d’imagerie nucléaire du CHU de Martinique. Cette technique, encore peu répandue, reste difficile d’accès même dans l’Hexagone.

Pour les spécialistes, cette innovation marque une étape importante pour la région, où les besoins en matière de traitement du cancer de la prostate sont particulièrement élevés.

De nouvelles pistes pour l’avenir

La recherche continue par ailleurs d’explorer d’autres approches thérapeutiques, notamment des traitements capables d’activer le système immunitaire pour lutter contre les cellules cancéreuses.

Ces travaux restent encore à un stade préliminaire mais pourraient ouvrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre ce cancer, qui demeure un enjeu majeur de santé publique dans les territoires antillais.

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