La fusée européenne Ariane 6 doit décoller le 12 février, heure locale, depuis le Centre spatial guyanais à Kourou pour placer en orbite basse 32 satellites de la constellation Amazon Leo, anciennement Project Kuiper. L’annonce a été faite jeudi par Arianespace, alors que ce programme est présenté comme un concurrent direct en devenir de Starlink.
Un tir à pleine puissance pour crédibiliser Ariane 6
Selon ArianeGroup, la mission durera 1h54 entre le décollage et la séparation de l’ensemble des satellites. Le lanceur utilisé sera la version équipée de quatre propulseurs, une configuration qui doit porter sa capacité d’emport en orbite à 21,6 tonnes. Objectif affiché : démontrer la capacité opérationnelle à pleine puissance, un passage obligé pour installer Ariane 6 comme outil fiable et régulier.
Les 32 satellites seront placés sous une coiffe de 20 mètres de long avant leur injection en orbite basse terrestre. Cette montée en cadence est stratégique pour l’Europe, qui veut sécuriser son accès autonome à l’espace, mais qui doit aussi remplir son carnet de commandes pour rendre le programme économiquement viable.
Amazon, futur client majeur d’Arianespace
Amazon se profile comme le plus gros client d’Arianespace, avec 18 lancements prévus sur la trentaine actuellement enregistrée. Amazon Leo compte déjà environ 150 satellites en orbite et vise un déploiement total de 3 236 unités. En face, Starlink, opéré par SpaceX, s’appuie sur plus de 6 000 satellites, ce qui illustre l’ampleur de la compétition sur l’internet haut débit par constellation.
ArianeGroup a également annoncé la création d’une première filiale industrielle aux États Unis, Sodern America, destinée à produire localement des équipements spatiaux comme des viseurs d’étoiles, des systèmes de propulsion ou des composants en carbone. Une manière de se rapprocher des clients américains et de gagner du terrain sur un marché stratégique, tout en s’appuyant sur les technologies développées autour d’Ariane 6 et des programmes de défense.




