Symbole de la tradition culinaire guyanaise, l’awara fait désormais l’objet de recherches scientifiques approfondies. L’Université de Guyane, à travers son unité Covapam, a lancé un projet inédit pour mieux comprendre et valoriser ce fruit emblématique encore largement sous-exploité.
Mieux connaître pour mieux exploiter
Au cœur de cette initiative, une ambition claire : identifier les propriétés nutritionnelles, les variétés et les usages possibles de l’awara. Les chercheurs analysent en laboratoire chaque composant du fruit, de la pulpe aux graines, afin de déterminer ses caractéristiques biochimiques et son comportement à la transformation.
Le projet repose aussi sur une mobilisation de la population. Habitants et producteurs sont invités à apporter leurs récoltes ou à signaler leurs arbres. Cette approche participative permet de collecter des données précises sur les conditions de culture, les types de fruits et leur maturité, indispensables pour affiner les analyses.
Les premières observations montrent déjà une diversité importante entre les awaras, tant sur la forme que sur la couleur. Des études génétiques sont en cours pour déterminer s’il s’agit de variétés distinctes ou de simples différences liées à l’environnement.
À terme, ces travaux pourraient structurer une véritable filière économique locale. En identifiant les caractéristiques de chaque type d’awara, il sera possible d’orienter leur utilisation vers des productions spécifiques, du bouillon traditionnel aux produits transformés comme jus, glaces ou crèmes.
Une avancée stratégique pour la Guyane, qui allie valorisation du patrimoine, développement économique et souveraineté alimentaire autour d’une ressource profondément ancrée dans l’identité du territoire.



