La ville de Basse-Terre a décidé de mettre un coup d’arrêt à la prolifération anarchique des panneaux publicitaires qui défigurent son paysage urbain. Dans un rayon de 500 mètres autour des monuments historiques, les dispositifs non conformes sont progressivement démontés. Une décision assumée par la municipalité, qui entend préserver l’identité du chef-lieu, classé Ville d’Art et d’Histoire, et restaurer une lisibilité patrimoniale trop longtemps sacrifiée à des intérêts commerciaux.
Au-delà de l’esthétique, la mairie met aussi en avant des enjeux de sécurité. Certains panneaux, implantés à proximité immédiate de la chaussée ou de carrefours fréquentés, constituent des sources de distraction pour les automobilistes et réduisent les marges de manœuvre en cas d’incident. Une situation devenue difficilement acceptable dans une ville où le patrimoine architectural, administratif et mémoriel est dense et structurant.
L’initiative est largement soutenue par les habitants, qui voient dans cette opération une reconquête de l’espace public et un signal fort envoyé aux afficheurs. La municipalité privilégie une méthode progressive, juridiquement encadrée et conforme au Code de l’environnement, combinant retraits effectifs et démarches de sensibilisation auprès des acteurs concernés.
Cette offensive contre la pollution visuelle traduit une volonté politique claire : remettre l’intérêt général, le cadre de vie et l’histoire locale au-dessus de la logique publicitaire. À l’heure où nombre de collectivités renoncent à faire respecter les règles par crainte du conflit, Basse-Terre fait le choix de l’autorité et de la cohérence. Une démarche qui rappelle que la protection du patrimoine et de l’identité des villes ultramarines est aussi un enjeu national, pleinement compatible avec l’ordre républicain et l’attractivité économique.




