À 31 ans, Eliane Abissoina incarne une trajectoire de mérite et de détermination qui force le respect. La boxeuse guyanaise s’envole cette semaine pour l’Hexagone afin de disputer, dès le 10 janvier, ses premiers championnats de France amateurs dans la catégorie des moins de 60 kilos. Après des mois de préparation intensive, elle ne cache pas ses ambitions : viser le titre et inscrire la Guyane dans le paysage national de la boxe féminine.
Depuis trois mois, l’athlète s’entraîne quotidiennement sous la direction de Charlemagne Charles, un duo fondé sur la rigueur, la confiance et l’exigence. Travail technique, discipline mentale et endurance ont forgé une boxeuse complète, dotée d’un sens aigu de l’observation et d’une mobilité qui pourrait faire la différence face aux meilleures combattantes françaises. Un parcours bâti sans passe-droit, uniquement par l’effort et la constance.
Au-delà de la performance sportive, Eliane Abissoina porte une image forte : celle d’une Guyane qui progresse par le talent et le dépassement de soi. Dans un territoire trop souvent réduit à ses difficultés, son engagement rappelle que l’excellence existe aussi loin des projecteurs parisiens. Son entraîneur le souligne : son parcours peut susciter des vocations, notamment chez les jeunes femmes qui hésitent encore à s’engager dans des disciplines exigeantes.
À l’approche de l’échéance, la boxeuse assume la pression et l’enjeu. Pour elle, ces championnats représentent une opportunité rare, conquise de haute lutte. La finale est prévue le 24 janvier : une date que la Guyane suivra avec attention, car au-delà d’un combat individuel, c’est aussi la reconnaissance d’un territoire pleinement intégré à la grande famille du sport français qui se joue sur le ring.




