Après quinze ans dans l’ingénierie industrielle, Bruno Maximilien François a choisi de revenir en Guadeloupe pour bâtir un projet concret, utile et durable. Depuis six mois, il a ouvert à Saint François un atelier de verrerie artisanale et une boutique, sous le nom VerreWI, où il façonne des pièces uniques et transmet un savoir faire encore rare dans la Caraïbe.
Une reconversion préparée, un choix assumé de retour au pays
Originaire de Guadeloupe, il explique avoir toujours été animé par la compréhension des matériaux et de la fabrication. Son retour dans l’archipel n’a pas été une parenthèse sentimentale, mais un projet de construction, avec l’idée de contribuer au territoire, d’apporter une pierre à l’édifice et de laisser une trace. Le verre s’inscrit, selon lui, dans la continuité de son parcours, comme un prolongement naturel de son travail sur les matériaux, avec une dimension humaine, personnelle et familiale.
Devenu artisan d’art, il crée des objets de table, des flacons et des pièces de décoration, chaque réalisation étant une pièce unique. Il détaille aussi le temps de travail nécessaire selon les créations : une dizaine de minutes pour un verre de table, environ vingt minutes pour une conque de lambi, et jusqu’à quarante cinq minutes pour des pièces plus complexes comme un tambour Ka, uniquement pour la partie verre.
Bruno Maximilien François souligne que la culture verrière est encore peu développée en Guadeloupe et plus largement dans la Caraïbe. Il assume donc un rôle de pionnier, en organisant des ateliers pour faire découvrir la discipline et créer une relation directe avec le public. Pour lui, l’intérêt et la fierté des visiteurs sont un moteur, et une preuve qu’un artisanat d’art de qualité peut s’ancrer et rayonner dans l’archipel.
Ses créations attirent la curiosité, du service à rhum vieux en forme de domino aux pièces inspirées du patrimoine, et il répond aussi à des commandes spécifiques. Une trajectoire qui illustre une réalité trop souvent négligée : l’économie locale ne se développe pas seulement par les discours, mais par des artisans, des entreprises, des savoir faire et des choix de retour au pays assumés et structurés.




