La justice a refusé de suspendre le processus électoral au sein de la Fédération régionale du BTP de Guadeloupe. Saisie par 36 entreprises contestant les conditions du scrutin, la juridiction de Pointe-à-Pitre a estimé que leur demande de report n’était pas fondée. Résultat : les élections se déroulent comme prévu, confirmant la légalité formelle d’une organisation syndicale souvent critiquée pour son fonctionnement interne.

Les entreprises requérantes dénonçaient un système verrouillé, accusant la fédération de bloquer leurs adhésions et, par conséquent, de les exclure de la gouvernance. Le tribunal a toutefois rappelé un principe clair : sans adhésion effective, il n’y a pas de droit de vote ni de participation aux instances. Une décision juridiquement cohérente, même si elle met en lumière un malaise plus profond dans un secteur stratégique pour l’économie guadeloupéenne.

Cette affaire révèle surtout les limites d’une représentation professionnelle qui ne rassemble qu’une fraction des acteurs d’un secteur pourtant composé de plus d’un millier d’entreprises. Avec à peine une cinquantaine d’adhérents à jour de cotisation, la fédération actuelle peine à incarner une voix réellement représentative du BTP local. Un paradoxe à l’heure où les chantiers publics, financés par l’État et les collectivités, jouent un rôle clé dans l’aménagement du territoire.

Les entreprises déboutées annoncent vouloir faire appel et envisagent la création d’une structure concurrente. Une initiative qui, si elle se concrétise, pourrait clarifier le paysage syndical en mettant fin à une situation de monopole de fait. Car au-delà du contentieux, l’enjeu est national : garantir une représentation professionnelle transparente, ouverte et capable de dialoguer efficacement avec l’État, sans tomber dans des logiques de clans ou de verrouillage corporatiste qui fragilisent l’économie réelle.

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