À la veille d’un nouveau recours au 49.3 sur le budget de l’État pour 2026, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a annoncé que son groupe ne censurerait pas le gouvernement. Une position qui sécurise l’exécutif face aux motions de censure annoncées par La France insoumise et le Rassemblement national, et qui confirme le choix du PS de privilégier la stabilité institutionnelle.
Ce mardi 20 janvier, le Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du projet de loi de finances pour 2026. Confronté à l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale, l’exécutif a opté pour l’arme constitutionnelle du 49.3. En réponse, LFI et le RN ont chacun annoncé le dépôt d’une motion de censure. Mais sans le soutien des socialistes, ces initiatives sont vouées à l’échec.
Le PS fait le choix de la non-censure
Invité sur France Inter, Olivier Faure a confirmé que le Parti socialiste ne voterait pas la censure. Sans avoir encore examiné la version définitive du texte, il estime que les conditions seraient réunies pour laisser passer le budget. Une position qu’il entend défendre devant son groupe parlementaire, traduisant une volonté assumée de ne pas ajouter de l’instabilité politique à une situation institutionnelle déjà fragile.
Ce choix marque une nouvelle étape dans la recomposition politique à l’Assemblée. En refusant de s’associer à une censure portée par les extrêmes, le PS endosse de facto un rôle de force d’appoint, permettant au gouvernement d’avancer malgré un projet de budget jugé imparfait, y compris dans ses propres rangs.
Un budget imposé par le 49.3, faute de majorité claire
Le recours au 49.3 sur les recettes n’est que le premier acte. Deux autres engagements de responsabilité sont prévus, l’un sur les dépenses, l’autre sur l’ensemble du texte, afin de permettre une adoption définitive avant la mi-février. Le Premier ministre a reconnu un certain échec politique, admettant qu’un vote classique aurait relevé de l’entêtement, tant les équilibres parlementaires sont devenus instables.
À droite, Les Républicains se montrent réservés, dénonçant un budget insuffisamment clair sur les économies à réaliser. À l’extrême gauche comme à l’extrême droite, les motions de censure relèvent davantage du geste politique que d’une réelle capacité à renverser le gouvernement.
Dans ce contexte, le refus de censure du Parti socialiste apparaît comme un choix de responsabilité institutionnelle, mais aussi comme l’aveu d’une gauche incapable de proposer une alternative crédible de gouvernement. Une séquence révélatrice d’un paysage politique fragmenté, où l’exécutif ne tient plus que par défaut, au prix d’un passage en force assumé, dans le strict cadre de la Constitution de la Ve République.




