La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou s’oppose fermement à la réforme budgétaire envisagée par la Commission européenne pour la période 2028-2034. Elle estime que le projet, qui prévoit de fusionner plusieurs dispositifs d’aide, « ne nous convient absolument pas » en l’état.
Au cœur des inquiétudes : la possible disparition des lignes budgétaires spécifiques aux régions ultrapériphériques (RUP), qui concernent notamment les territoires français d’outre-mer comme Mayotte, la Guadeloupe ou la Réunion. Ces aides pourraient être intégrées dans une enveloppe globale par État, diluant ainsi les financements dédiés.
Selon la proposition actuelle, la France bénéficierait d’un minimum de 3,7 milliards d’euros pour l’ensemble de ses régions les moins développées, outre-mer et Hexagone confondus. À titre de comparaison, le budget actuel prévoit déjà 3,45 milliards exclusivement pour les RUP, ce qui alimente les craintes d’une baisse des moyens.
Cette réforme suscite une opposition commune de la France, de l’Espagne et du Portugal, les trois pays concernés par ces territoires éloignés de l’Europe continentale.
Des enjeux majeurs pour l’agriculture
Le dossier est particulièrement sensible pour les filières agricoles ultramarines, très dépendantes du programme POSEI, qui compense les surcoûts liés à l’éloignement et à l’insularité.
Naïma Moutchou appelle au maintien d’un cadre spécifique et à une revalorisation des aides, tout en annonçant un travail de conviction auprès des partenaires européens. Une position partagée par l’eurodéputé réunionnais Younous Omarjee, qui juge la réforme « mauvaise » et critique la nouvelle architecture budgétaire proposée.
Les discussions s’annoncent donc tendues à Bruxelles, alors que l’avenir des financements européens pour les outre-mer reste incertain.



