En Guyane, le cacao fait son retour. Encore embryonnaire, la filière se structure progressivement autour d’acteurs engagés qui misent sur un produit local à fort potentiel, de la plantation à la tablette.
Une filière en construction aux ambitions élevées
Longtemps délaissé, le cacao guyanais connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Quelques planteurs et transformateurs se mobilisent pour bâtir une filière locale, accompagnés par des organismes comme le CIRAD ou la Collectivité territoriale.
La création de l’association Bwakako fin 2025 marque un tournant. Elle vise à fédérer les acteurs et à structurer un secteur encore dispersé. L’enjeu est clair : maîtriser toutes les étapes de production, notamment la fermentation et le séchage, indispensables pour atteindre un cacao de qualité capable de rivaliser sur les marchés spécialisés.
Figure de ce renouveau, Drupa Angénieux incarne cette dynamique. Ancienne infirmière puis enseignante, elle s’est reconvertie dans l’agriculture avant de fonder sa chocolaterie Théobroma Cacao Guyane à Saint-Laurent-du-Maroni.
Son modèle repose sur une production en agroforesterie et une transformation sur place, selon le principe du “bean to bar”. Sur environ 4 hectares, elle développe un cacao inspiré des savoir-faire locaux, tout en innovant avec des recettes identitaires, comme des tablettes à l’awara.
Encore dépendante en partie de fèves importées faute de volumes suffisants, la filière vise à terme une production 100 % guyanaise.
Le cacao guyanais possède des atouts spécifiques. Des variétés locales, comme la Guiana étudiée par le CIRAD, pourraient permettre de positionner la Guyane sur le segment du cacao fin haut de gamme.
Au-delà de l’économie, c’est aussi un patrimoine qui est remis en lumière, avec des savoir-faire présents dans les cultures amérindiennes, créoles et bushinengue.
Entre production agricole, transformation, transmission et tourisme, les perspectives existent. Reste désormais à structurer durablement la filière pour en faire un véritable levier de développement local, ancré dans les réalités du territoire.



