La campagne sucrière débutera le 19 février en Guadeloupe continentale, soit plus tôt que les années précédentes. Un choix stratégique salué par les acteurs de la filière, qui misent sur un calendrier maîtrisé pour redonner souffle à un secteur clé de l’économie locale.
La date a été arrêtée à l’issue des discussions réunissant l’ensemble des parties prenantes au sein du comité de liaison, instance où siègent représentants de l’État, de la Région, du Département, usiniers, planteurs et organisations syndicales. Pour Marie-Galante, le lancement reste à préciser.
Cette saison, les prévisions tablent sur 418 000 tonnes de cannes récoltées en Guadeloupe continentale et 60 000 tonnes supplémentaires à Marie-Galante, soit une estimation légèrement supérieure aux dernières projections. Après plusieurs campagnes marquées par des retards et des performances en retrait, notamment sur la richesse en sucre, ce démarrage anticipé apparaît comme une condition essentielle pour enrayer le déclin.
Le calendrier est au cœur des préoccupations des planteurs. Commencer plus tôt doit permettre de clôturer la campagne plus rapidement et d’engager sans délai les opérations de replantation. Selon les professionnels, il serait nécessaire de renouveler entre 2 500 et 3 000 hectares chaque année afin de régénérer durablement le parcellaire et restaurer le potentiel productif.
Au-delà de la richesse saccharine, toujours sujette à incertitudes en raison des conditions climatiques et du vieillissement des cultures, l’enjeu central reste le volume. Une large part du prix payé aux producteurs dépend directement du tonnage livré, ce qui rend indispensable une production soutenue et régulière.
Toutefois, à quelques jours du coup d’envoi, les négociations annuelles obligatoires entre usiniers et salariés demeurent dans l’impasse. Une situation récurrente qui entretient une tension dans la filière, alors même que la stabilité sociale est indispensable au bon déroulement de la récolte.
Dans un contexte économique fragilisé, la canne à sucre demeure un pilier historique de la Guadeloupe. La réussite de cette campagne conditionnera non seulement les revenus des planteurs, mais aussi la crédibilité des travaux engagés sur la restructuration de la filière. L’anticipation du calendrier envoie un signal positif, encore faut-il que l’ensemble des acteurs joue pleinement sa partition.




