Le dépistage organisé du cancer du sein a permis d’éviter 23 000 décès en France entre 2004 et 2018, selon l’Institut national du cancer. Un résultat majeur qui confirme l’efficacité de la prévention, mais qui met aussi en lumière de fortes inégalités dans les territoires ultramarins.

Des territoires à deux vitesses

Dans les Outre-mer, moins d’une femme éligible sur deux participe au dépistage. Une situation préoccupante, alors que la détection précoce permet de guérir jusqu’à 90 % des patientes, contre seulement 26 % à un stade avancé.

La Guadeloupe et la Martinique affichent des taux relativement proches de la moyenne nationale, avec respectivement 43,5 % et 42,2 % de participation en 2024, contre 44 % en France. Des résultats encourageants, mais encore insuffisants.

À l’inverse, la situation se dégrade à La Réunion, où le taux chute à 38,2 %, et devient critique en Guyane, avec seulement 14,2 % des femmes concernées dépistées.

Plusieurs facteurs expliquent ces écarts. La précarité, les déserts médicaux et les difficultés d’accès aux équipements de mammographie freinent le recours au dépistage. En Guyane, l’éloignement géographique et les barrières linguistiques compliquent encore davantage la prévention.

Certaines populations restent difficilement accessibles, notamment le long des fleuves ou dans les zones isolées. À cela s’ajoute un climat de défiance envers le système de santé, qui limite l’adhésion aux campagnes de dépistage.

Chaque hausse de 10 % du taux de participation permet de réduire la mortalité de 2 %. L’amélioration du dépistage constitue donc un levier direct pour sauver des vies.

Face à ces constats, les autorités sanitaires travaillent à adapter les campagnes de prévention, notamment par des traductions et une meilleure prise en compte des réalités locales.

Mais pour combler le retard, un effort massif reste nécessaire afin de garantir un accès équitable au dépistage sur l’ensemble du territoire français.

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