Pendant que les rues s’animent au son des tambours et des défilés, une autre bataille se joue loin des regards. À Basse Terre, dans les ateliers de couture, des artisans comme Katia Naud et Martias Gilles enchaînent les heures pour habiller écoles et groupes carnavalesques. Sans eux, pas de costumes, pas d’unité visuelle, pas de carnaval au complet.
À l’atelier Renéka, la course contre la montre
Pour Katia Naud, styliste couturière à la tête de l’atelier Renéka, la période est une montée en puissance permanente. Elle travaille principalement avec les écoles, notamment du côté de Bastille, et doit répondre à une avalanche de demandes en quelques jours. Elle résume cette cadence par un chiffre : une trentaine de costumes réalisés en une quinzaine de jours. Quand la charge devient trop lourde, la solidarité s’impose, les artisans se renvoient les clients pour tenir les délais.
À quelques pas, Martias Gilles, figure de la couture à Basse Terre avec quatre décennies d’expérience, reçoit surtout des commandes de groupes carnavalesques. Là, l’ampleur change d’échelle. Un groupe de 60 personnes, ce sont parfois 120 pièces à réaliser, avec des ajustements pour chaque morphologie et des exigences strictes sur le rendu. Confort, esthétique, solidité, rien n’est laissé au hasard.
Une tradition qui tient par le travail et le sérieux
Dans ces ateliers, la création ne se résume pas à des paillettes. C’est de la rigueur, du savoir faire et une organisation millimétrée. L’argent n’est pas le moteur principal, ce qui compte, c’est la fierté du travail bien fait et la réaction des clients quand le costume prend vie dans la rue.
Le carnaval, c’est une culture vivante. Et à Basse Terre, ce patrimoine se fabrique aussi sur une table de coupe, au bruit des machines, grâce à des artisans qui travaillent dur pour que la fête tienne debout.




