En partenariat avec les Hôtels Karibea

À l’approche des jours gras, les médecins ORL du Centre hospitalier universitaire de Martinique tirent la sonnette d’alarme. Entre les vidés en journée et les soirées festives, les niveaux sonores atteignent des intensités susceptibles d’endommager durablement l’audition, en particulier chez les plus jeunes.

Un risque souvent sous-estimé

Au cœur des parades, les décibels dépassent fréquemment le seuil de tolérance de l’oreille humaine. Selon les spécialistes, l’exposition répétée agit de manière cumulative. Les fluctuations du volume sonore n’annulent pas les effets, au contraire, chaque exposition s’additionne et fragilise progressivement les cellules nerveuses de l’oreille interne, qui ne se régénèrent pas.

Le seuil critique est fixé à 80 décibels. Au-delà, les structures internes de l’oreille peuvent être altérées. Les premiers signaux d’alerte sont connus, acouphènes, sifflements, bourdonnements ou sensation d’oreille bouchée après un événement bruyant. Des symptômes trop souvent banalisés.

Les médecins rappellent également que les conséquences ne se limitent pas à l’audition. Une exposition répétée à des niveaux sonores élevés peut favoriser l’hypertension, les troubles du sommeil et un état de stress chronique. Selon eux, la population martiniquaise pourrait déjà être largement concernée par une perte auditive progressive, même si les données chiffrées manquent encore.

Du 14 au 18 février, l’association ORL 972 sera présente sur la Savane à Fort-de-France pour sensibiliser le public et distribuer des protections auditives. Les spécialistes recommandent le port de bouchons adaptés, y compris ceux disponibles en magasin de bricolage. Pour les enfants, plus vulnérables, le port d’un casque spécifique est conseillé.

Ils rappellent toutefois que les protections ne filtrent qu’environ 30 décibels et ne suppriment pas totalement l’impact des vibrations sonores. À l’heure où la fête s’apprête à battre son plein, préserver son capital auditif reste une responsabilité individuelle, pour que la tradition carnavalesque demeure un moment de joie et non une source de séquelles irréversibles.

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