Le coup d’envoi du carnaval de Martinique a été donné samedi 14 février à Fort-de-France. Sur la Savane, près de 85 bwadjaks étaient exposées et contrôlées avant la grande parade prévue à 18 heures. Entre sélection rigoureuse et créativité assumée, les acteurs du carnaval revendiquent un événement populaire, encadré et fidèle aux traditions.
Des règles strictes pour défiler
Près de 140 à 180 dossiers ont été déposés cette année pour participer aux défilés. Seules 50 voitures seront autorisées à rouler pendant les jours gras. Les autres seront stationnées et mises en valeur. Les organisateurs distinguent trois catégories : les gwo bwadjaks très modifiées, les bwadjaks tradisyon aux transformations légères et les bwadjaks lapenti particulièrement décorées. À cela s’ajoutent les loto bri, considérées comme des véhicules de second choix, et les chars.
Avant de prendre la route, chaque véhicule doit présenter un dossier complet avec assurance et contrôle technique. Les organisateurs vérifient également la sécurité pour les piétons et le respect du seuil sonore fixé à 100 décibels. Les véhicules retenus en premier choix sont confirmés après les tests. En cas de refus, des seconds choix peuvent être repêchés. Exceptionnellement, tous ont pu circuler samedi pour être admirés.
La créativité reste au cœur de l’événement. Un seul char était présent lors de l’exposition, une Peugeot 309 transformée sur le thème « maré têt épi chapo », choisi par la ville. D’autres participants ont décliné la culture et le patrimoine martiniquais, entre canne à sucre, coupeurs de canne et figures traditionnelles. Certains ont opté pour des univers plus contemporains, à l’image d’une bwadjak inspirée de Transformers, pensée pour rassurer un enfant impressionné par le bruit et la foule.
Au-delà de la puissance sonore, les participants veulent mettre en avant l’esthétique et l’ingéniosité. « On veut attirer l’œil sur l’art, promouvoir la beauté du carnaval », résume une participante. À 18 heures, les bwadjaks ont officiellement lancé les festivités dans les rues de Fort-de-France, ouvrant une séquence attendue et emblématique des jours gras martiniquais.




