La mort d’Anthony Sarazin, 18 ans, lors de l’ouverture du carnaval à Pointe à Pitre a provoqué une onde de choc en Guadeloupe. Alors que l’enquête se poursuit sur les circonstances exactes du drame, le préfet de région envisage désormais l’annulation du grand défilé prévu ce dimanche 11 janvier. Une hypothèse qui fait réagir, entre émotion, colère et inquiétude face à une violence qui s’invite dans un moment censé rassembler.
Sécurité, responsabilité, cadre, les attentes de la population
Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, beaucoup refusent l’idée d’une suppression pure et simple. Plusieurs habitants plaident plutôt pour un défilé maintenu avec un hommage solennel, par exemple un temps de silence ou un moment de recueillement en ouverture. D’autres alertent sur les conséquences d’une annulation, dans une ville où le carnaval est un rendez vous attendu, structurant pour la vie culturelle et l’activité économique.
En revanche, un point revient avec insistance : la nécessité de renforcer la sécurité et l’encadrement. Contrôles plus stricts, meilleure organisation, responsabilisation des groupes et coordination plus ferme avec les autorités sont souvent cités. La présence de mineurs tard dans la soirée est également contestée par plusieurs parents, qui estiment que des cortèges nocturnes dans un climat dégradé ne peuvent pas rester sans règles claires.
Le débat dépasse le seul carnaval. Certains refusent de faire porter à la tradition la responsabilité de la violence, rappelant que les faits divers existent hors des défilés. D’autres estiment que l’affluence et l’absence de cadre renforcent les risques de débordements, et que l’ordre public doit primer.
La décision finale doit être annoncée ce mercredi 7 janvier à l’issue d’une nouvelle réunion de crise. Qu’elle maintienne ou non la parade, l’affaire impose une exigence simple : le carnaval ne peut pas devenir une zone de non droit. La Guadeloupe mérite une fête populaire protégée, respectueuse, et sous contrôle, à la hauteur de sa tradition.




