Une semaine après l’assassinat d’un jeune homme de 18 ans en marge des festivités carnavalesques, l’État a décidé de ne plus laisser la sécurité du carnaval au hasard. Le défilé de ce dimanche à Pointe-à-Pitre se tiendra sous un dispositif exceptionnel, inédit par son ampleur, mobilisant police nationale, gendarmerie mobile, sécurité privée et moyens aériens. Une réponse ferme à une violence armée devenue trop fréquente, y compris lors d’événements culturels censés rassembler.

Au total, près de 70 policiers, une vingtaine de gendarmes mobiles, une centaine d’agents de sécurité, de secouristes et de bénévoles seront déployés dans le centre-ville. Drones de surveillance et hélicoptère compléteront ce dispositif, marquant une volonté claire : rétablir l’ordre public et empêcher que le carnaval ne soit pris en otage par des individus armés et irresponsables. L’horaire du défilé a également été encadré, avec une plage officielle fixée entre 15h et 20h, afin de limiter les dérives nocturnes.

Ce renforcement de la sécurité traduit un changement de posture nécessaire. Trop longtemps, certains ont confondu tradition populaire et laisser-faire, au détriment de la sécurité des familles et des carnavaliers. La liberté de faire la fête ne saurait justifier l’abandon de l’autorité républicaine dans l’espace public, encore moins lorsque des armes à feu circulent au cœur des rassemblements.

En reprenant clairement la main, l’État envoie un message salutaire : le carnaval est une richesse culturelle guadeloupéenne, mais il se déroule dans un cadre républicain, où la sécurité prime sur les postures idéologiques et les arrangements locaux. Préserver la fête, c’est aussi refuser qu’elle devienne le théâtre d’une violence banalisée. À Pointe-à-Pitre comme ailleurs, la République n’a pas vocation à reculer.

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