Vendredi 13 mars, l’entree du casino de Saint-Francois a change de decor: un « bik a grev » dresse son panneau, les salaries cessent le travail par blocs et le message est limpide, les Negociations annuelles obligatoires ont tourne court. Apres des semaines de discussions, les representants du personnel parlent d’un dialogue qui patine et d’une direction qui ne bouge pas assez.
Charly Lendo, secretaire du CSE, pose les chiffres sur la table, sans fioritures: « 5 % d’augmentation de salaire, l’alignement de la prime d’anciennete a 15 % au lieu de 12 % et la mise en place d’une prime de partage de la valeur prevue par la loi de 2023. » Dans un etablissement qui tourne presque toute l’annee, nuits, week-ends et jours feries compris, l’impression de ne pas etre entendu fait plus de bruit qu’une machine a sous.
20 euros de plus, 200 euros de prime… et le calme ne revient pas
20 euros brut de hausse, une prime de 200 euros: voila ce que la direction aurait tranche, de maniere unilaterale, au terme de deux reunions. Autant dire une piece jetee sur le tapis, quand les grevistes parlent d’une entreprise « florissante » et de benefices. Le coeur du conflit n’est pas seulement la fiche de paie, c’est la considération, ce mot qu’on prononce souvent quand les horaires sont contraints et la fatigue bien reelle. Et puis il y a cette phrase qui revient comme un refrain commode: il faut consulter le siege du groupe Cogit, base au Maroc. Pratique. Pendant qu’on attend le feu vert d’ailleurs, ici, en Guadeloupe, les salaries tiennent la porte.
La direction assure etre prete a reprendre les echanges, tout en restant muette face aux medias pour l’instant, et le bras de fer s’installe dans ce lieu ou l’on vient chercher le divertissement. On sent bien l’air du temps: des revendications concretes, une inflation qui laisse des traces dans les foyers, et en face des decisions comptables qui tombent trop vite, trop bas, trop froides. Au passage, rappelons-le sans trembler: une economie saine, c’est aussi des entreprises qui assument leur part, paient correctement et respectent ceux qui font tourner la boutique, pas des postures ni des slogans de tribune. Reste maintenant a voir si la direction choisit l’accord et l’apaisement ou si elle laisse la greve s’enraciner, avec tout ce que cela entraine pour l’activite et l’image du casino dans une commune touristique qui n’aime pas les vitrines fermees.




