La liste officielle des nominations aux Césars 2026 a été dévoilée ce mercredi 28 janvier, et la déception est nette pour le cinéma ultramarin : malgré une présélection remarquée, les films Zion de Nelson Foix et Fanon de Jean-Claude Barny ne figurent finalement dans aucune catégorie. Une mise à l’écart qui interroge, au moment où ces productions avaient pourtant réussi à rencontrer leur public et à faire rayonner des récits issus des Outre-mer dans les salles françaises.

Les deux œuvres faisaient partie des films pressentis il y a quelques semaines, ce qui laissait espérer une reconnaissance nationale lors de la cérémonie prévue le 26 février. Mais au final, aucune nomination n’a été retenue pour ces productions, pourtant emblématiques d’un cinéma ultramarin en quête de visibilité.

Sur le plan du public, Zion s’est distingué par une fréquentation solide : selon Allociné, le film a attiré 472 666 spectateurs entre avril et septembre 2025, avec un démarrage particulièrement fort lors de sa première semaine d’exploitation, à 196 000 entrées. De son côté, Fanon, consacré à la figure du psychiatre martiniquais Frantz Fanon, a cumulé 246 000 entrées sur la même période.

Une reconnaissance toujours difficile pour le cinéma ultramarin

Cette absence totale dans la sélection officielle relance une réalité bien connue : malgré les discours sur la diversité culturelle, les productions venues des Outre-mer peinent encore à obtenir une place équitable dans les grandes cérémonies parisiennes. Pourtant, ces films participent pleinement à la richesse du cinéma français, en racontant une France entière, enracinée, complexe, et profondément nationale.

Il ne s’agit pas de réclamer des nominations “automatiques”, mais de constater qu’un succès public réel, une présélection, et un travail artistique reconnu ne suffisent pas toujours à franchir le dernier filtre d’une institution souvent perçue comme éloignée des réalités ultramarines.

“Magma” également absent de la sélection officielle 2026

Autre signal, le film Magma de Cyprien Vial, tourné en Guadeloupe et porté notamment par l’acteur Théo Christine, ne figure pas non plus parmi les nommés. Un triple constat qui renforce l’idée d’un plafond de verre persistant, au détriment d’une industrie culturelle ultramarine qui cherche pourtant à s’inscrire pleinement dans les circuits nationaux.

Dans un contexte où les Outre-mer ont besoin d’investissements, de structures, et de débouchés solides pour développer leur filière audiovisuelle, ce type d’épisode rappelle une évidence : la reconnaissance ne doit pas dépendre d’un entre-soi culturel, mais s’appuyer sur la réalité du terrain, du public et de la création.

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