La campagne 2025 du chèque énergie touche à sa fin et plusieurs milliers de foyers risquent de passer à côté de cette aide s’ils n’effectuent pas les démarches nécessaires dans les délais. Le dispositif, présenté comme un soutien aux ménages les plus modestes pour régler leurs factures d’électricité ou de gaz, ne pourra plus être sollicité après le 28 février. Une échéance rapprochée qui laisse peu de marge aux bénéficiaires non identifiés automatiquement par l’administration.

Exceptionnellement, l’envoi des chèques et les versements automatiques ont été décalés à novembre 2025, rompant avec le calendrier habituel du printemps. Si une majorité de foyers éligibles a bien reçu son aide, de nombreux ménages restent contraints de déposer une demande spécifique pour percevoir ce soutien financier, sous peine de le perdre définitivement. Une situation qui interroge sur l’efficacité d’un système censé cibler les plus fragiles.

Le montant de cette aide demeure limité face à l’explosion durable des prix de l’énergie. En 2025, le chèque varie entre 48 et 277 euros selon les revenus et la composition du foyer, avec une moyenne d’environ 160 euros dans les territoires ultramarins. Un apport ponctuel qui peine à compenser des factures structurellement élevées, notamment dans les zones dépendantes des importations énergétiques et faiblement dotées en alternatives locales.

La procédure reste relativement lourde pour des ménages souvent peu familiers des démarches administratives. Les foyers non bénéficiaires automatiques doivent fournir des pièces justificatives, notamment des éléments fiscaux et des documents récents liés à leur contrat d’énergie. Cette réalité alimente le sentiment d’un dispositif plus symbolique que réellement protecteur, dans un contexte où l’État se désengage progressivement des politiques de régulation des prix.

Pour les autorités, le chèque énergie reste pourtant un outil central de la politique sociale, présenté comme un rempart contre la précarité énergétique. Mais sur le terrain, de nombreux bénéficiaires potentiels dénoncent un soutien insuffisant, mal calibré et déconnecté de la réalité des dépenses contraintes. À l’approche de la clôture des demandes, l’enjeu est désormais de ne pas laisser une partie des ménages modestes sans même ce maigre filet de sécurité.

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