À Mayotte, le moustique ne fait pas de politique, mais il profite des faiblesses bien réelles du territoire. Le Réseau Périnatal de Mayotte (REPEMA) hausse le ton face à la montée des cas de chikungunya et appelle à la vigilance, surtout pour les femmes enceintes. On parle de santé, de vies fragiles, de bébés à protéger, pas d’un simple « virus de saison » qu’on balayerait d’un revers de main.
Concrètement, l’Agence régionale de santé recense 315 cas répartis sur toute l’île, avec un taux de 30 %. La circulation s’installe, et avec elle le risque de voir les consultations et les urgences se tendre. Ajoutez à cela les pluies, les eaux stagnantes au pied des maisons, les bidons, les seaux, les gîtes larvaires qui se multiplient comme des petites bombes à retardement, et vous obtenez le cocktail parfait pour Aedes, ce moustique qui adore nos habitudes quand elles baissent la garde.
Une piqûre, et tout s’accélère
Chez les femmes enceintes, le REPEMA veut frapper fort et parler vrai, parce que la grossesse ne laisse aucune place à l’improvisation. Une hospitalisation positive au chikungunya a déjà été enregistrée, et les chiffres de 2025 donnent le ton: 49 hospitalisations, dont 19 femmes enceintes. Ce n’est pas un détail. La maladie peut clouer au lit, déclencher fièvre et douleurs articulaires, et autour de l’accouchement la vigilance devient maximale, car le risque de transmission au nouveau-né n’a rien d’une légende urbaine.
Alors, on fait quoi, vous et moi, dans le réel, au quotidien. On assèche tout ce qui retient l’eau, on couvre les réserves, on nettoie les abords, on met des moustiquaires, on porte long quand les moustiques sortent, on utilise un répulsif compatible avec la grossesse après avis médical, et on arrête de laisser l’environnement décider à notre place. La prévention, ce n’est pas un slogan: c’est une discipline, un réflexe, une hygiène de vie qui protège les familles et soulage un système de soins déjà trop souvent sous pression.
Et si les symptômes débarquent, pas d’héroïsme inutile: le message est net, « consultez immédiatement un médecin ou appelez le 15 ». À Mayotte, quand la santé vacille, l’État, les soignants, les réseaux de terrain doivent pouvoir compter sur une population qui écoute et qui agit, parce que la solidarité commence dans la cour, dans la maison, au pied du robinet, là où naissent les moustiques et où se joue aussi la protection des plus petits. Demain, la bataille se gagnera à la fois dans les foyers et dans la mobilisation collective, avec une île qui refuse de subir et choisit de se protéger.




