Six cas autochtones de chikungunya ont été confirmés en Guyane depuis fin janvier. Une situation qui ravive la vigilance en Guadeloupe, alors que les déplacements liés au carnaval s’intensifient entre les territoires. Les autorités sanitaires rappellent que l’archipel n’est pas à l’abri d’une réintroduction du virus transmis par le moustique Aedes aegypti.

Immunité incertaine et prévention indispensable

Le dernier cas recensé en Guadeloupe remonte à avril 2025. Il s’agissait d’un cas importé, lié à un séjour à La Réunion, alors en pleine épidémie. L’île de l’océan Indien avait enregistré plus de 54 500 cas confirmés et 45 décès, vingt ans après sa première grande flambée. Aujourd’hui, c’est la Guyane qui concentre les inquiétudes, avec des contaminations locales attestant d’une circulation active du virus.

Les échanges culturels et festifs entre la Guyane et la Guadeloupe, notamment via les groupes de carnaval, pourraient favoriser l’introduction du virus dans l’archipel. Si les Antilles ont connu une épidémie il y a une dizaine d’années, la question de l’immunité collective reste fragile. Selon des spécialistes du CHU de Guadeloupe, la protection acquise après une infection pourrait varier selon les variants en circulation. Avoir contracté le chikungunya ne garantit donc pas une immunité totale face à une nouvelle souche.

Le chikungunya provoque une fièvre brutale, souvent supérieure à 38,5 °C, accompagnée de fortes douleurs articulaires et musculaires. Les personnes malades doivent impérativement éviter toute piqûre afin d’interrompre le cycle de transmission, une consigne également valable pour la dengue et le Zika.

Les autorités rappellent les gestes essentiels : éliminer les eaux stagnantes autour des habitations, utiliser moustiquaires et répulsifs, porter des vêtements couvrants, privilégier les espaces ventilés ou climatisés. Depuis 2024, un vaccin contre le chikungunya est disponible en France, offrant un outil supplémentaire de protection, notamment pour les populations les plus exposées.

Dans un contexte de mobilité accrue entre les territoires ultramarins, la vigilance collective demeure la meilleure arme pour éviter une nouvelle flambée épidémique.

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