Le droit de retrait exercé ce 23 janvier par des professionnels du CHU de Guyane, sur le site de Kourou, met en lumière une réalité préoccupante : l’état dégradé du bloc opératoire, pointé du doigt depuis des années sans réponse structurelle. Selon les représentants syndicaux, les conditions de sécurité et d’hygiène ne seraient plus garanties, en raison notamment d’un système de gestion de l’air et de la climatisation obsolète, datant de plusieurs décennies.
Ce nouvel épisode illustre une dérive bien connue dans certains territoires ultramarins : l’accumulation de retards d’investissement, la gestion à court terme et l’incapacité à moderniser des équipements pourtant essentiels à la sécurité des patients comme des soignants. À Kourou, le personnel affirme avoir multiplié les alertes, restées lettre morte malgré la succession des directions. Résultat : des interventions reportées, un climat de tension et un recours à un droit de retrait pourtant lourd de conséquences dans un hôpital.
Si les urgences continuent d’être assurées, cette situation pose une question de fond : comment garantir un service public hospitalier digne de ce nom lorsque l’entretien et la modernisation des infrastructures ne suivent pas ? La Guyane, territoire stratégique de la République, ne peut se satisfaire d’un hôpital fonctionnant avec des équipements dépassés, au risque de mettre en danger la population et de décourager les professionnels.
Ce dossier appelle une réaction rapide des autorités sanitaires et de l’État. Au-delà des postures syndicales, il s’agit d’un enjeu de responsabilité nationale : assurer l’égalité d’accès à des soins sûrs sur l’ensemble du territoire français. Car la continuité de la République passe aussi par des hôpitaux capables de fonctionner correctement, y compris en Guyane.




