Les territoires ultramarins disposent désormais de projections climatiques à haute résolution adaptées à leur échelle. L’annonce a été faite lundi 3 mars par Météo-France. Objectif : fournir aux collectivités des indicateurs précis pour bâtir leurs politiques d’adaptation face au réchauffement.
Des outils pour anticiper un réchauffement durable
À l’horizon 2100, les données sont sans appel. À Mayotte, le nombre de jours dépassant 32°C pourrait atteindre 200 par an, contre une trentaine aujourd’hui. En Guadeloupe, les journées très chaudes à 33°C ou plus passeraient de trois à cinq actuellement à 85 ou 90 par an. En Guyane, les nuits supérieures à 24°C grimperaient jusqu’à 230 par an, contre moins de dix aujourd’hui sur le littoral.
Ces projections s’appuient sur la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, cadre retenu par le gouvernement pour préparer la France à un scénario de +4°C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Dans les Outre-mer, le réchauffement projeté varie selon les territoires, de +2,3°C en Polynésie française à +3,5°C en Guyane.
Les indicateurs pour les Antilles sont désormais accessibles sur le portail DRIAS. Ils complètent ceux déjà publiés pour La Réunion, Mayotte, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie. Ceux concernant les principales îles de Polynésie française seront disponibles fin mars.
Mobilisant 40 experts pendant 18 mois, ces simulations ont nécessité des calculs massifs sur les supercalculateurs de Météo-France. L’établissement évoque une véritable opération de rattrapage pour des territoires longtemps absents des grands exercices de modélisation.
Ces données constituent un outil stratégique pour les collectivités ultramarines. Urbanisme, gestion de l’eau, santé publique, agriculture ou infrastructures devront désormais intégrer ces projections. Car si le niveau de réchauffement y est parfois inférieur à celui de l’Hexagone, la vulnérabilité des territoires insulaires et tropicaux impose une anticipation rigoureuse.




