La biomasse de poissons pourrait chuter jusqu’à 23% dans les eaux françaises d’ici 2100 en cas de réchauffement à +4°C. C’est l’alerte lancée par l’Ifremer dans un rapport publié le 3 mars. À l’échelle mondiale, la baisse estimée se situe entre 10% et 30% selon les scénarios climatiques. Un signal fort pour la France, deuxième puissance maritime mondiale grâce à ses Outre-mer.
Des océans plus chauds, plus acides et moins productifs
À l’horizon 2050, la diminution moyenne dans les eaux françaises serait déjà comprise entre 5% et 8%. Pour les territoires ultramarins, dont l’économie et l’alimentation reposent largement sur la mer, l’enjeu est majeur.
Le réchauffement climatique entraîne acidification et désoxygénation des océans. Ces phénomènes réduisent la production de plancton, base de la chaîne alimentaire, perturbent la croissance et la reproduction des poissons et provoquent des migrations vers des eaux plus froides. Des chercheurs signalent également une baisse de la salinité dans certaines zones comme l’océan Indien.
Face à ces bouleversements, l’Ifremer appelle à revoir les règles de gestion des pêcheries. Le rendement maximum durable, qui fixe le niveau maximal de captures compatible avec le renouvellement des stocks, a permis de reconstituer certaines populations. Mais il repose sur des conditions environnementales relativement stables, qui ne sont plus la norme.
Les scientifiques recommandent désormais de considérer ce seuil comme une limite et non comme une cible, et de viser des niveaux d’exploitation plus faibles. En clair, pêcher moins pour préserver la ressource dans un océan devenu plus variable, moins sain et moins productif.
En 2024, les débarquements en France hexagonale ont atteint 306 000 tonnes, contre près de 500 000 au début des années 2000. Une tendance lourde qui confirme que la pression climatique s’ajoute à celle de la pêche. Pour les Outre-mer, territoires maritimes par excellence, l’adaptation devient une nécessité stratégique.




