Avec le trimaran de course océanique Wraith II, le skipper et ingénieur polynésien Michaël Girard entend frapper un grand coup. Arrivé récemment en Polynésie, le multicoque va tenter d’établir un temps de référence sur le parcours Tahiti–Tetiaroa–Tahiti, avec une traversée espérée en environ trois heures. Un « record ouvert », homologué par les instances internationales, destiné à inscrire durablement la Polynésie dans le paysage de la course au large, trop souvent réduite à l’Atlantique Nord.

Mais derrière la performance sportive se dessine un projet bien plus ambitieux. Michaël Girard, formé au plus haut niveau de l’ingénierie nautique et ancien directeur technique sur le Vendée Globe, veut démontrer que la France du large, celle des océans et de l’excellence maritime, ne se limite pas aux ports métropolitains. En novembre 2026, il vise la mythique Route du Rhum en trimaran de 20 mètres, une première pour un Polynésien, avant d’enchaîner sur de grandes épreuves internationales comme la Caribbean 600.

L’enjeu dépasse le simple exploit individuel. L’objectif est clair : structurer une véritable filière de course au large dans le Pacifique français, former des marins locaux et fédérer des compétences autour de projets d’envergure mondiale. Une démarche qui tranche avec les discours de repli ou de dépendance : ici, la Polynésie s’affirme comme une composante dynamique de la puissance maritime française.

À l’horizon 2027, un second trimaran doit rester en Polynésie pour servir de support pédagogique et de vitrine du savoir-faire national. En lien avec des structures éducatives, il permettra de transmettre aux jeunes générations les métiers de la mer, la culture de l’effort et l’exigence de la compétition. Une vision résolument tournée vers l’avenir, où l’océan n’est pas un prétexte idéologique, mais un espace de réussite, d’innovation et de rayonnement pour la France dans le Pacifique.

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