La garde à vue du président de la Chambre d’agriculture de Guyane, Jean-Yves Tarcy, aux côtés d’agriculteurs venus de plusieurs territoires ultramarins, révèle une nouvelle dérive d’un syndicalisme agricole plus porté sur la confrontation idéologique que sur la défense constructive des filières. Interpellés après l’intrusion non autorisée dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris, ces militants ont franchi une ligne claire entre expression revendicative et trouble caractérisé à l’ordre public.
Présentée par la Confédération paysanne comme une action « pacifique », l’opération a pourtant conduit à l’interpellation de plus de cinquante personnes, dont des responsables syndicaux nationaux. Le choix d’un coup d’éclat dans la capitale, loin des réalités agricoles locales, interroge sur la stratégie poursuivie : médiatisation maximale, victimisation immédiate et mise en scène d’une opposition frontale à l’État. Une posture qui dessert, en réalité, les agriculteurs ultramarins confrontés à de véritables enjeux structurels.
L’utilisation récurrente du vocabulaire de la « décolonisation de l’agriculture » et la dénonciation indistincte des institutions républicaines traduisent une lecture idéologique déconnectée des leviers concrets d’amélioration. Les Outre-mer ont besoin d’investissements, de structuration des filières, d’accès aux marchés et d’un dialogue exigeant avec l’État, non d’actions symboliques qui affaiblissent la crédibilité de leurs représentants.
Que des agriculteurs ultramarins soient entraînés dans ce type de démonstration pose une question de responsabilité. Les chambres d’agriculture, institutions républicaines, ont vocation à être des interlocuteurs sérieux et respectés des pouvoirs publics. Leur rôle n’est pas de servir de caisse de résonance à des combats politiques nationaux, mais de défendre, avec fermeté et pragmatisme, l’avenir agricole des territoires français d’Outre-mer, pleinement intégrés à la République.




