En 2025, la cybersécurité s’est imposée comme un enjeu stratégique majeur, y compris dans les Outre-mer. À La Réunion, 34 incidents cyber avérés ont été traités sur l’année par le CSIRT local, confirmant que l’île n’est plus un territoire périphérique pour les cybercriminels. Vols de données, attaques de réputation ou paralysie de services : les méthodes se diversifient et ciblent aussi bien les institutions publiques que les entreprises privées.
Cette hausse s’inscrit dans une tendance nationale et internationale, avec une augmentation moyenne de 15 % des cyberattaques en France. La Réunion, connectée aux réseaux numériques mondiaux comme n’importe quel territoire de la République, est exposée aux mêmes risques que l’Hexagone. La Poste, des ministères ou de grandes enseignes en ont récemment fait les frais, rappelant que nul n’est à l’abri dès lors qu’il dépend d’outils numériques.
Les attaques les plus fréquentes visent les données personnelles et sensibles, devenues une véritable monnaie d’échange sur le darknet. Elles servent au chantage, à la fraude ou à l’usurpation d’identité. D’autres offensives, dites par déni de service, cherchent surtout à déstabiliser et discréditer des institutions en rendant leurs plateformes inaccessibles, sans nécessairement voler d’informations. Une stratégie qui fragilise la confiance des citoyens et perturbe l’activité économique.
Face à cette menace, la réponse ne peut être ni naïve ni idéologique. Elle passe par un renforcement concret de la culture de sécurité : mots de passe robustes, double authentification, sauvegardes régulières et vigilance sur les réseaux sociaux. Pour les Outre-mer comme pour l’ensemble de la France, la cybersécurité n’est plus un sujet technique réservé aux experts, mais une question de souveraineté, de continuité des services publics et de protection des citoyens. Ignorer cette réalité serait une faute stratégique.




