Le botaniste français Francis Hallé, figure majeure de la défense des forêts tropicales primaires, est décédé à l’âge de 87 ans le 31 décembre 2025 à 23h00, à son domicile de Montpellier, entouré de sa famille, selon l’association qui porte son nom. Chercheur, pédagogue et homme de terrain, il a consacré sa vie à mieux faire connaître les arbres et à alerter sur la disparition accélérée des forêts primaires, y compris sur le territoire français de Guyane.
Le Radeau des cimes, une aventure scientifique lancée en Guyane
Francis Hallé a parcouru les forêts d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie, avec une méthode exigeante, prenant le temps d’observer et de dessiner pour comprendre des structures végétales complexes. Mais c’est en Guyane qu’il a marqué durablement l’histoire scientifique, en lançant en 1986 le Radeau des cimes, un dispositif conçu pour permettre aux chercheurs de travailler au sommet des arbres, là où se concentre une biodiversité particulièrement riche et longtemps inaccessible.
Ancien professeur de botanique, notamment à l’université de Montpellier et à l’université Lovanium de Kinshasa, il s’était imposé au fil des décennies comme l’un des porte voix les plus constants en faveur des forêts tropicales primaires, qu’il décrivait comme gravement menacées par l’action humaine. Son travail a contribué à élargir la connaissance des espèces et à renforcer les arguments en faveur de leur préservation.
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Francis Hallé avait aussi cherché à transmettre au grand public, sans jargon, en mêlant pédagogie, humour et dénonciation. Il avait inspiré le film Il était une forêt de Luc Jacquet et venait de publier en janvier 2025 une bande dessinée consacrée au génie de la forêt.
Sa disparition rappelle l’urgence de protéger les forêts primaires, en particulier en Guyane, où ce patrimoine naturel français constitue une richesse stratégique, scientifique et environnementale. Un héritage que ses proches et l’association qui porte son nom disent vouloir faire vivre, dans la continuité de son combat.




