Alors que le bilan national 2025 de l’insécurité fait apparaître une progression de plusieurs formes de violence et de délinquance, la Guyane se distingue par une évolution plus favorable sur les infractions les plus graves. Le territoire enregistre notamment une baisse marquée des homicides et un recul spectaculaire du trafic de stupéfiants, signe que la fermeté des contrôles et l’action des forces de l’ordre peuvent produire des résultats, même dans un contexte social tendu.

Publié jeudi 29 janvier, le bilan statistique « Insécurité et délinquance 2025 », établi à partir de 18 indicateurs issus des données police-gendarmerie, souligne une tendance nationale préoccupante. Les violences physiques repartent à la hausse (+5%), qu’elles soient intrafamiliales ou commises hors du cadre familial. Les violences sexuelles continuent d’augmenter (+8%), avec une progression encore plus forte pour les viols et tentatives de viol (+9%). Dans le même temps, les infractions liées aux stupéfiants progressent également, tant pour l’usage (+6%) que pour le trafic (+8%), tandis que les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement poursuivent leur envolée (+8%).

Une baisse nette des violences les plus graves sur le territoire

Dans ce paysage national plutôt sombre, la Guyane affiche des chiffres à contre-courant sur les violences extrêmes. Les homicides reculent fortement : 41 cas recensés en 2025, soit une baisse de 22,6% par rapport à 2024. Les tentatives d’homicide suivent la même trajectoire, avec 212 faits enregistrés (-18,8%).

Ces résultats sont loin d’être anecdotiques dans un territoire où l’insécurité est souvent alimentée par la circulation d’armes, les trafics et les tensions communautaires. Ils suggèrent que la présence de l’État, quand elle est réellement incarnée sur le terrain, peut contenir les dérives les plus dangereuses.

Stupéfiants : une chute spectaculaire du trafic

Autre donnée marquante : les infractions liées aux stupéfiants diminuent fortement en Guyane, contrairement à la dynamique observée au niveau national. L’usage de drogues recule de 13,3% et, surtout, le trafic chute de 43,2%. Une baisse massive, qui renvoie directement aux opérations de contrôle, à l’action judiciaire, et à la pression exercée sur les réseaux.

Dans un département exposé aux routes régionales de la drogue et aux logiques de criminalité transfrontalière, cette baisse constitue un signal politique important : la lutte contre les trafics n’est pas vaine, à condition d’assumer une stratégie de fermeté et de moyens.

Des vols en hausse : un point d’alerte

Tout n’est pas pour autant en amélioration. Le bilan met en évidence une hausse notable des vols d’accessoires sur véhicules (+20,1%). Ce type de délinquance du quotidien, souvent vécu comme une impunité permanente par les habitants, nourrit un sentiment d’abandon et dégrade la qualité de vie.

Les destructions et dégradations volontaires restent, elles, globalement stables, avec une légère augmentation (+2%).

En toile de fond, le rapport national rappelle aussi un phénomène durable : les victimes d’atteintes aux personnes sont globalement plus jeunes que celles touchées par les infractions aux biens, et la part des mineurs parmi les mis en cause continue de diminuer dans plusieurs catégories d’infractions par rapport à 2016.

Pour la Guyane, ce bilan 2025 confirme donc une réalité contrastée : des progrès encourageants sur les crimes les plus graves et les trafics, mais une délinquance opportuniste qui demeure, et qui appelle une réponse constante, visible et déterminée de l’autorité publique.

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